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Textes littéraires, portraits d'auteurs, critiques de livres, nouvelles, chansons, poèmes, roman, récits de voyages, les publications de votre année de naissance et la rubrique Lu et entendu recemment.
Un soir de blues. Celui qui nous interroge sur notre passé et notre avenir, qui nous amène à rechercher un peu partout des vérités existentielles, quelques refuges pour se protéger d’un mal-être
passager en attendant d’y voir plus clair, un jour où l’autre. Quand on en saura plus sur soi…ou sur les autres. Un petit tour au hasard des blogs. Sans savoir sur quoi, sur qui on tombera. Va
savoir ? Des déceptions, des joyaux, des imbéciles, des maîtres ? Derrière ces vitrines se cachent ou se découvrent des hommes et des femmes. On ne sait rien d’eux. Au mieux une photo,
un nom et, au pire, une façade colorée qui indique qu’ici, on parle, on discute, se dispute. Parfois de rien, ou de tout. Parfois, un sujet sert de ligne directrice et amène à s’interroger sur un
point précis. Des questions émergent. Remise en question : « Tiens, oui, c’est pas faux ça, mais, bon… Non, en fait, c’est vrai. Il a raison, en tout cas de se poser la question. Je
vais apporter ma pierre à l’édifice ». Des rencontres, donc, des paroles, des liens qui se tissent, lentement. Qu’en restera-t-il ? Des écrits certainement, des souvenirs de quelques
mots échangés, de points communs, de dissensions, d’idées, d’associations. Voilà peut-être pourquoi j’écris. Internet est une petite scène sur laquelle on peut tenter toutes des expériences, un
peu comme dans les petits théâtres parisiens. Internet est une rue passante. On y fait de plus ou moins bonnes rencontres, ai-je souvent entendu dire. Pour ma part, j’ai vu des gens seuls avec
leur tristesse, leurs blessures, d’autres qui désiraient se faire connaître : un besoin d’exister, de parler, certainement. Il y’a ceux qui veulent pouvoir discuter avec d’autres passionnés
de la vie, des idées, des gens, du point de croix…. D’autres cumulent. Internet permet à tous, sous couvert, souvent, d’un anonymat protecteur de dire ce que la société ou eux-mêmes ne se
permettent pas d’exprimer. Plus de tabous, plus d’interdits. Une bulle d’air dans une société infantilisante et guerrière. Le développement des blogs est d’ailleurs assez étonnant. Je pensais, il
y’a encore quelques années, qu’Internet deviendrait une grande vitrine de supermarché avec son lot de promotions sur les écrans plasmas et les jambons mais je me suis trompé. Il y’a des magasins
en ligne mais, finalement, ils ne sont pas si nombreux à coté d’une foule d’anonyme qui a saisi l’opportunité que donne cet espace pour s’exprimer. Même si certains profitent et abusent de cette
nouvelle liberté, il s’agit d’un espace dans lequel coexistent des internautes de sexe masculin ou féminin, de toutes classes sociales, de toutes couleurs, de tous pays. J’aime cet endroit qui
gomme certaines différences pour laisser place à d’autres, plus saines. Là, je peux aller à la rencontres de toutes cultures, de toutes vies. Plus de frontières, plus de barrières. Juste un
pseudo et quelques kilomètres de lignes pour dire qui nous sommes vraiment. Quel lien entre mon pseudo et moi ? Un blog qui reflète ce que je ne montre que rarement dans ma vie, qui je suis
réellement. Curieux paradoxe. Avec des pubs qui me permettent de rembourser un abonnement nécessaire à la construction patiente d’un blog qui me ressemble vraiment, à l’image des idées qui
trottent dans mon cerveau déluré. Quitte à être taxée par certains esprits rebelles de capitaliste éhontée. Il faut un début à tout ! Capitaliste, communiste, j’aurai tout entendu… Mais moi,
j’aime pas trop la politique, univers cloisonné qui laisse un peu trop de place aux idées et pas assez aux sentiments. Parce que, ce qui m’intéresse c’est de vivre dans un monde un peu plus
humain, un peu plus tolérant, un peu plus ouvert dans lequel l’argent n’est pas un but mais un moyen. Et, en ce moment, je n’ai pas l’impression qu’on vive dans un monde comme celui-ci. C’est un
objectif peut-être utopique (ça aussi, je l’ai entendu, bien sûr…), peut-être que ce monde n’existera jamais. Alors, tant pis, je me réfugierais chez René Barjavel ou Robert Merle. Car plus aucun
politique n’évoque la possibilité d’une société plus juste et humaniste. Et les électeurs, apparemment, approuvent, pour la plupart, le monde que nous propose le gouvernement actuel. Que faire
face à cet engouement ? Je n’ai pas l’impression de faire vraiment partie de cette société. Je préfère mon petit univers pleins de nuages, et, à travers eux, de grands écrivains anciens ou
plus actuels qui vivent toujours par l’intermédiaire de leurs écrits. Ils m’éclairent et me guident, me permettent de prendre du recul, de la distance dans un monde qui ne tourne plus très rond.
Prévert, Hugo, entres autres, ont évoqué, cette désillusion. Je vis au milieu de ces fantômes, de ces ombres plus réelles que nos chers écrans de télévision. Non, ce monde n’est pas
sérieux. Il vaut mieux alors relire Bergson, il vaut mieux en rire qu’en pleurer. Et continuer notre route, en compagnie de ceux qui partagent nos sentiments, sur de petits chemins de terre,
comme ceux qui, dans Fahrenheit 451 suivent les rails pour sauver les livres ou comme Winston fuyant Big Brother, à l’écoute de ceux qui doutent et espèrent une autre société. Avec eux, refaire
le monde, boire un verre, autour du feu, le soir tombé. Et continuer, malgré tout, de rêver…