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Au clair de la lyre

   

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"Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques

Jouant du luth et dansant et quasi

Tristes sous leurs déguisements fantasques"


 

Paul Verlaine, Fêtes galantes.   

   

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Vendredi 16 mai 2008




J'ai découvert un autre Victor Hugo. Après avoir lu Les Misérables puis La Légende des siècles, j'espérais en apprendre encore plus  sur le poète mais aussi sur l'homme. Car si dans cette œuvre il explore la conscience de l'être humain par le prisme de la bible,  j'imaginais que les Contemplations seraient plus concrètes et nous livreraient, en partie, la vision du monde de Victor Hugo. Je ne fus  pas déçue mais très étonnée et un peu perplexe. Car si les premiers poèmes retracent l'entrée dans la vie amoureuse du poète -La partie  intitulée Autrefois-, très vite, celui-ci commence à nous offrir un point de vue pour le moins étonnant des origines du monde  et de sa propre foi en Dieu. Ainsi, dans un poème intitulé Magnitudo Parvi, III, 30 , pièce charnière du recueil, Victor Hugo relate une soirée passée avec  sa fille. Et le lecteur comprend, à ce moment là, que son humanisme découle directement de cette foi. Mais le plus important, à mon sens, reste son immense ferveur comme si la croyance en Dieu, et, à travers elle, la mission de guide qui incombe au poète , presque de messie, n'était plus que sa seule raison de vivre. Car, comme Baudelaire et la plupart des poètes du 19ème siècle, Victor Hugo pense que le poète est un visionnaire qui se doit d'éclairer les hommes qui, eux, ne peuvent ni voir au-delà des éléments, ni concevoir l'image de Dieu à travers tout ce qui compose la nature et qui nous entoure. Victor Hugo était donc partagé entre l'animisme et l'image d'un Dieu tout puissant-la plus répandue encore de nos jours-, sorte d'icone paternelle, pour qui l'homme, et surtout les drames des hommes ne seraient qu'insignifiance, un atome à l'intérieur d'un projet beaucoup plus vaste qu'aucun être humain ne serait pas à mène de comprendre. Voilà comment ce grand poète parvint à surmonter l'épreuve de la mort de Léopoldine, sa fille adorée. Car ce recueil, c'est l'amère constat d'un homme ravagé par la douleur : Victor Hugo, et c'est ce que j'ai retenu de ce  merveilleux recueil, avec toute sa fragilité de poète sans cesse torturé par l'âpreté de la vie, malgré l'intime conviction de l'existence de Dieu, dut faire face, comme tout un chacun, à la mort : l'élu se retrouva aussi nu et démuni que n'importe quel homme devant l'impitoyable faucheuse. De cette blessure narcissique il restera ce recueil de poèmes amers écris par un homme déçu par la vie, désenchanté qui semble ne plus croire que par désespoir et qui n'attend plus que de savoir, si tout ça en vaut la peine, si Dieu est vraiment bon...  

Par yokov - Publié dans : Critiques de livres - Communauté : Le club de lecteurs de Sylvie
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