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Au clair de la lyre

   

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"Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques

Jouant du luth et dansant et quasi

Tristes sous leurs déguisements fantasques"


 

Paul Verlaine, Fêtes galantes.   

   

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Lundi 15 décembre 2008




Jacques Vingtras est fouetté tous les jours à la même heure. Il ne dit rien parce qu'il sait que c'est pour son bien. Sa mère ne le fait pas par plaisir mais par nécessité. Il en souffre, bien sur, mais se plie aux habitudes familiales. Que pourrait-il faire d'autre d'ailleurs ?  L'enfant dépeint son quotidien morose, entre une mère tyrannique et un père à la fois passif et aigri, de ses cinq jusqu'à son adolescence. Derrière ce récit poignant se cache le malaise de l'auteur, Jules Vallès, narrateur d'une autobiographie a peine voilée, qui décrit avec beaucoup de justesse et de finesse l'engrenage dans lequel il a mis le doigt bien malgré lui dès sa naissance. Enfant impuissant face à ce qui lui arrive, sa seule arme est son regard et son silence. Car ses parents ne tolèrent aucun écart de conduite. Leur fils doit être digne d'eux qui se sont donnés tant de mal pour y arriver : Le père de Jacques Vingtras a gravi petit à petit, dans la douleur, les échelons pour passer de surveillant, obligé de se plier aux quatre volontés de ses supérieurs d'une classe plus élevé que la sienne, à enseignant du secondaire. Le lecteur assiste donc à toute une partie de l'histoire du 19ème siècle à travers l'espoir d'ascension social que pouvait alors représenter l'enseignement pour les ouvriers. Mais Jacques Vingtras, ne partage pas les valeurs de son père. Lui, témoin de ce combat, de tous les efforts fournis par son père pour intégrer une classe sociale qui n'a de cesse pourtant de le railler et de l'humilier, écœuré par ses hypocrisies, ne veut pas de ce monde là. Lui, ne veut pas de cette ascension sociale, de cette société ultra hiérarchisé de la grande bourgeoisie et ne rêve qu'à une vie, plus vraie, plus simple, d'agriculteur. Son combat, à venir, celui que l'on peut découvrir dans les deux autres livres qui constituent la trilogie (Le Bachelier et L'Insurgé) défendra cette cause, celle des ouvriers. Mais encore faudra-t-il qu'il parvienne à se libérer du joug familial, pour enfin livrer ses propres batailles.

 

Pour en apprendre plus sur l'homme :

Julesvalles.com

Par yokov - Publié dans : Critiques de livres - Communauté : Le club de lecteurs de Sylvie
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