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Au clair de la lyre

   

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"Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques

Jouant du luth et dansant et quasi

Tristes sous leurs déguisements fantasques"


 

Paul Verlaine, Fêtes galantes.   

   

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Mercredi 16 mai 2007
 
                                                                 
 
       Puisque nous sommes ici sur un blog dédié, en partie, à la poésie, voici un petit clin d’œil à une chanson de Ridan qui passe régulièrement sur les ondes.
Celle-ci, comme le signale le co-auteur sur son site, est la reprise d’un poème de Du Bellay. Heureux qui, comme Ulysse…, poème xxxı, est extrait du recueil Les Regrets que le poète a écrit en 1558, à son retour de Rome. Vous pourrez aussi retrouver ce poème lu par Gérard Philipe sur le site Vive Voix du Wheaton College.
      Ridan a ajouté à ce sonnet deux refrains de 7 vers qui, étonnement, ne choquent pas malgré les quelques siècles d’écart.
      Et impossible de s’empêcher de siffloter avec l’auteur sur ce petit air entraînant (créé par Ridan et Alain Félix) qui s’accorde très bien avec les paroles.
 
            

 
 
  « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
  Ou comme cestui-là qui conquit la toison,
  Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
  Vivre entre ses parents le reste de son âge !

  Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village,
  Fumer la cheminée et en quelle saison

  Mais quand reverrai-je, de mon petit village, fumer la cheminée et en quelle saison,
  Mais quand reverrai-je ? 

  Reverrai-je le clos de ma pauvre maison
  Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

  Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
  Que des palais Romains le front audacieux,
  Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine,

  Plus mon Loire Gaulois, que le Tibre latin,
  Plus mon petit Liré, que le mont Palatin, Et plus que l'air marin la douceur  angevine.

  Mais quand reverrai-je, de mon petit village, fumer la cheminée et en quelle  saison,
  Mais quand reverrai-je ?

  J'ai traversé les mers à la force de mes bras,
  Seul contre les Dieux, perdu dans les marais
  Retranché dans une cale, et mes vieux tympans percés,
  Pour ne plus jamais entendre les sirènes et leurs voix.

  Nos vies sont une guerre où il ne tient qu'à nous
  De nous soucier de nos sorts, de trouver le bon choix,
  De nous méfier de nos pas, et de toute cette eau qui dort,
  Qui pollue nos chemins, soit disant pavés d'or. »
 
Par yokov - Publié dans : Des chansons à fredonner
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